APPROCHE DU GENRE A YAOUNDE

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Comment WILPF Cameroon et la GIZ Déconstruisent les VBG

Lutte contre les VBG à Yaoundé : l’approche novatrice de WILPF Cameroon

Les violences basées sur le genre ne se résument pas uniquement aux agressions physiques ou sexuelles visibles. En effet, elles s’enracinent silencieusement dans des structures sociales profondes. De plus, ces blessures émotionnelles invisibles paralysent des familles entières. C’est pourquoi la lutte contre les VBG à Yaoundé exige des solutions radicalement nouvelles. Face à ce constat, l’approche traditionnelle de prise en charge ne suffit plus. Il faut transformer les mentalités en profondeur.

C’est tout l’enjeu de l’initiative menée par la Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté (WILPF Cameroon). En partenariat avec la GIZ (Service Civil pour la Paix) et NDH, cette organisation crée des dynamiques communautaires innovantes. Leur projet s’intitule : « Création des espaces de libération de la parole et de dialogue constructif pour réduire les pratiques discriminatoires de genre et prévenir les violences dans la ville de Yaoundé ».

En combinant la reconstruction psychologique des survivantes et l’implication active des hommes, ce programme redéfinit les standards de la justice sociale au Cameroun.

1. Guérir pour transformer : la puissance des espaces de parole pour femmes

Au cœur de la stratégie de WILPF Cameroon se trouve une conviction profonde. En effet, une femme ne peut devenir actrice de changement si elle porte le poids de traumatismes non digérés. C’est au Rond-Point Damas que se matérialise cette thérapie collective essentielle. Ainsi, ce lieu devient un pilier majeur de la lutte contre les VBG à Yaoundé.

Briser le silence et libérer l’expression créative

Les sessions d’ateliers intègrent des outils de développement personnel très innovants. Loin des thérapies formelles intimidantes, les participantes s’approprient des exercices psycho-corporels. Par exemple, elles marchent pieds nus sur le sol pour évacuer le stress. En outre, elles utilisent la peinture et le dessin pour libérer leur créativité. Ces outils permettent d’exprimer ce que les mots ne peuvent pas toujours nommer.

L’utilisation de l’Arbre de la Résilience permet également à chacune de cartographier son histoire :

  • Les racines : Identifier ce qui a donné la force de survivre.

  • Le tronc : Solidifier les forces intérieures actuelles pour avancer.

  • Les branches : Dessiner les projets d’avenir, l’espoir et l’autonomie financière.

De victimes à relais communautaires

Le succès de cette méthode se mesure au changement de posture des participantes. Grâce à l’apprentissage de la communication non violente, ces femmes sortent définitivement du silence. Par conséquent, elles se muent en véritables leaders. Elles mènent désormais des actions de sensibilisation de proximité dans leurs propres quartiers. On les retrouve ainsi dans leurs salons de coiffure ou dans leurs salles de classe.

2. Impliquer les hommes : le levier du processus genre transformateur

On ne peut pas résoudre les inégalités en éduquant uniquement la moitié de la population. C’est pourquoi WILPF Cameroon et la GIZ impliquent activement les hommes et les jeunes garçons. Cette inclusion renforce l’efficacité de la lutte contre les VBG à Yaoundé.

Le paradigme du genre transformateur

Stéréotypes traditionnelsAttitudes promues
• Homme seul pourvoyeur financier• Masculinité positive et bienveillante
• Décisions unilatérales dans le couple• Partage équitable des charges
• Autorité imposée par la force• Communication active et empathie

Déconstruire les rôles et les normes sociales masculines

Les ateliers sont animés par Armelle Ndongo (WILPF Cameroon) et Florence Njimfout (GIZ). Durant ces sessions, les facilitateurs amènent les hommes à interroger les stéréotypes ancrés. À travers des jeux de rôle, les participants prennent conscience du déséquilibre systémique. Ils découvrent la charge de travail domestique invisible des femmes. De plus, ils analysent les barrières qui limitent l’éducation des jeunes filles.

Redéfinir la masculinité positive et la dot

L’un des moments les plus impactants réside dans la déconstruction des coutumes dévoyées. À travers des débats rigoureux, les hommes analysent l’impact de certaines traditions. Par exemple, une mauvaise interprétation de la dot peut assimiler le mariage à une transaction financière. Cela renforce un sentiment de propriété nocif. C’est pourquoi le projet propose une alternative claire. Il s’agit de promouvoir la masculinité positive et de redonner à la dot sa valeur purement symbolique.

3. Des impacts concrets et mesurables de la lutte contre les VBG à Yaoundé

L’efficacité de cette double approche se traduit par des trajectoires de vie radicalement transformées sur le terrain.

  • Autonomie financière et résilience : Des survivantes autrefois isolées gèrent aujourd’hui des commerces indépendants. En outre, elles financent l’éducation de leurs enfants. Elles affirment fièrement leur potentiel face aux violences subies.

  • Pacification des espaces domestiques : De nombreux participants témoignent d’une nette amélioration de leur maîtrise de soi. Ils abandonnent les réactions colériques au profit de relations pacifiques.

  • Engagement communautaire permanent : Les relais locaux animent désormais des débats sains au sein de leur communauté. Grâce à des outils pédagogiques adaptés, ils évitent le jugement et les frustrations.

Vers une modélisation de la paix durable au Cameroun

En conclusion, l’expérience menée par WILPF Cameroon et la GIZ prouve une chose essentielle. La lutte contre les VBG à Yaoundé ne doit pas se limiter à la gestion de crise. En agissant sur la santé mentale et en transformant les perceptions masculines, le projet pose les fondations d’une paix durable.

Par conséquent, la multiplication de ces initiatives s’impose comme une nécessité absolue pour l’avenir du